Présentation générale des sites de Chalain et Clairvaux

Publié le par Gilliane Kern

    Les lacs de Chalain et de Clairvaux sont situés dans la haute vallée de l’Ain (Jura, est de la France) à 500 m d’altitude, au pied des reliefs du Jura plissé.

    En 1870, suite à une baisse exceptionnelle du niveau du lac de Clairvaux, un maître de forges, Jules Le Mire, identifie les restes d’un village lacustre. Cette première découverte dans le Jura français fait suite à celles, nombreuses, faites autour de l’arc alpin au cours du 19e siècle. Elle est suivie, en 1904, par la mise au jour d’une dizaine de sites d’habitats sur les rives de Chalain lors de la baisse artificielle du niveau du lac pour l’installation d’une petite usine hydroélectrique. Après des décennies de fouilles menées par des amateurs et des clandestins, un véritable programme de recherche va débuter en 1970, d’abord sous l’égide du Ministère de la Culture, puis du CNRS, sous la direction de Pierre Pétrequin. En raison du taux d’humidité constant et de l’absence d’oxygène dans les sédiments qui ont préservé les vestiges jusqu’à nos jours, les outils fragiles en matières organiques de la vie quotidienne et les rejets domestiques ont été conservés, ce qui n’est pas le cas dans les sites de terre ferme. L’étude de cette documentation exceptionnelle offre des connaissances sur les techniques, la vie quotidienne, les fonctionnements sociaux ou les rapports à l’environnement des premiers agriculteurs des plateaux du Jura. De plus, grâce à la dendrochronologie, une méthode de datation fondée sur la mesure des cernes annuels de la croissance du bois, les pieux et les pièces d’architecture peuvent être datés de manière très précise, à l’année, voire à la saison près selon la conservation.

Lac de Chalain (© A. Viellet)

 

    Au total, les rives des lacs de Chalain et de Clairvaux ont été occupées pendant trois millénaires, du 38e au 9e siècle av. J.-C., avec toutefois de fréquentes interruptions.

    Ces premiers agriculteurs du Néolithique ont installé leurs villages dans des marais et sur les rives inondables des lacs, essentiellement pour des raisons défensives. Leurs maisons rectangulaires étaient construites en bois avec un plancher rehaussé pour échapper aux crues saisonnières. Les habitants de ces villages vivaient de la culture des céréales et des légumineuses, cultivées dans des champs gagnés sur la forêt environnante, ainsi que de l’élevage du bétail (porc, bœuf, chèvre et mouton) et de la chasse. La hache et l’herminette en pierre polie représentaient les outils indispensables à ces cultivateurs pour défricher et abattre les arbres nécessaires aux constructions. Ces premiers paysans sédentaires fabriquaient et utilisaient une grande variété de récipients en terre cuite pour préparer la nourriture et stocker les denrées alimentaires. L’étude des formes et des techniques de montage de ces récipients céramiques permet de déceler deux grands courants de colonisation de la Combe d’Ain : l’un par le nord et la Suisse occidentale au 33e siècle av. J.-C. (groupe culturel Horgen) et l’autre par la vallée du Rhône (influences Ferrières) au 31e siècle av. J.-C. Avec l’apparition de l’agriculture et de l’élevage au Néolithique naissent une nouvelle forme de société et de nouveaux rapports de dépendance entre l’homme et la nature.

Informations plus complètes sur le site :

http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/chalain/fr/index_noflash.html

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